dimanche 10 mars 2013

Gabriel MANGIN, un pionnier lucide !


Jean Christian BOUHOURS nous communique une trouvaille sympathique : 

L'Aéronaute n°3 juin 1868, Gabriel Mangin (1836-1905)


"M. Gabriel Mangin vient d'essayer de construire un ballon formé  de deux étoffes de coton réunies par sept couches de vernis de  caoutchouc. 
Le ballon ayant été construit, on essaya à deux reprises le gonflement ; mais l'endosmose* se faisait avec tant d'intensité que,  bien que le ballon fût presque gonflé, l’allègement n'était presque  pas sensible. 
M. Gabriel Mangin est disposé à donner sur son travail les renseignements qu'on peut désirer, afin d'engager ses successeurs  à ne pas faire comme lui." 

Promouvoir en son nom un échec, voilà qui est suffisamment rare pour être signalé ! "personne n'est inutile au pire il sert de mauvais exemple". On notera également que l'homme en question était loin d'être mauvais car il réussit l'une des premières liaisons postale par ballons montés lors du siège de Paris par les Prussiens.


*Courant qui s'établit à travers une cloison membraneuse séparant deux liquides de densités différentes, dans le sens de la solution la moins dense vers la solution la plus dense.


Le ballon d’Eugène Godard, le Ville de Florence monté par l’aéronaute Mangin emportera quelques jours plus tard 120 kg de dépêches et 30 kg d’imprimés ainsi que 3 pigeons. Il se posera sans accident à Vernouillet près de Triel, dans le département de Seine-et-Oise après plus de 3 heures de vol. Le ballon "Ville de Florence" fût le premier ballon ayant transporté une personne (M. De Lutz) avec succès. Ainsi que le premier ballon affrété par l’administration des Postes à avoir établi une liaison aller-retour. Le retour s’étant fait via un des pigeons voyageur sus-cités avec le message " Bonne descente à Vernouillet , en face de Triel, à 2h30. Pas de Prussiens.Voyageur laissé dépêches. Je pars à Tours." Le 7 octobre 1870 à 11h00, le ministre de l’intérieur Gambetta s’envole de Montmartre pour aller organiser en province la défense nationale à bord du ballon "L’Armand-Barbès" pour rejoindre le gouvernement réfugié à Tours avant d’émigrer à Bordeaux. Pas de chance pour Gambetta, vents contraires, il se retrouve dans la Somme au milieu des lignes prussiennes. Gambetta en réchappe de justesse. Dès lors, le service de poste aérienne par ballons montés se poursuivit sans intermittence, pendant tout le cours de ce long siège. Durant cette période cinquante-cinq ballons montés (2) ( c’est a dire avec équipage et éventuellement passagers) transporteront officiellement le courrier des Parisiens, soit plus de 2 500 000 lettres, et qui atterriront au petit bonheur la chance, au grée des courants aériens 
(http://www.multicollection.fr/Les-Ballons-montes-a-la-rescousse.html)


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